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Majuscule à un titre de fonction?

Bonjour, dans un déroulement ou un ordre du jour d’un événement, les titres de professions ont-ils une majuscule ou une minuscule par exemple: Mot de bienvenue de Pierre Richard, directeur des finances ou écrit-on Mot de bienvenue de Pierre Richard, Directeur des finances?

Réponse du SRL:

Lorsque l’on parle de la personne dans un texte quelconque, comme c’est le cas dans votre «mot de bienvenue» (ou dans un ordre du jour), on met la minuscule: Pierre Richard, directeur des finances.

Par contre, lorsqu’on s’adresse à la personne directement, comme dans une lettre par exemple, la méthode traditionnelle préconise la majuscule au titre.

Selon l’OQLF, «on met une majuscule aux titres de fonction et aux appellations de convenance lorsqu’on s’adresse aux personnes elles-mêmes par écrit, par exemple dans l’appel et dans la salutation d’une lettre ou sur une carte d’invitation».

Néanmoins, il faut garder en tête que cette déclaration de l’Office n’est pas une vérité absolue, car Aurèle Ramat, sommité de la typographie, dans son Ramat de la typographie, bible des réviseurs linguistiques, fait la promotion d’une norme plus moderne: il suggère la minuscule partout, et ce, dans tous les cas, même aux titres de fonction lorsqu’on s’adresse aux personnes elles-mêmes.

La discipline prend-elle une majuscule?

Bonjour,
J’aimerais savoir à quel moment devons-nous utiliser la majuscule lorsque l’on parle d’une discipline ?
Ex : Devons-nous écrire : « Les disciplines les plus souvent citées sont mathématiques et physique » ou plutôt « Les disciplines les plus souvent citées sont Mathématiques et Physique »?

Réponse du SRL :

Bonne question!  Dans votre cas bien précis, selon toutes les sources que j’ai consultées, les mots «mathématiques» et «physique» resteront en lettres minuscules. Par contre, il faut bien retenir qu’il n’y a pas de consensus absolu en cette matière, même si la plupart des références tendent à aller dans le même sens, à savoir que la capitale est réservée aux noms propres ou aux formes elliptiques. Par contre, dans votre cas bien précis, le scripteur aurait une certaine marge de manœuvre.  L’OQLF appelle cette capitale la «majuscule de signification». Je le cite : «On donne souvent à la majuscule de signification la fonction de mettre en valeur quelque chose ou d’honorer une personne physique ou morale, par déférence : c’est là un point de vue subjectif qu’il est bien difficile de codifier, car chacun et chacune dispose d’une certaine latitude en la matière.» Néanmoins, je vous suggère, à l’instar du Robert, du Multi, du Bon usage, du Ramat et d’Antidote de laisser ces noms en minuscules.

 

Féminisation

  1. Olivier Lalonde, géographie 29 septembre 2015 à 18 h 52 min | Modifier | Répondre

    Bonjour,

    J’ai une question concernant le n’importe quoi qui existe dans l’utilisation de signes de toutes sortes pour ajouter le féminin aux mots masculins sans tout dédoubler. Je me pose donc la question suivante : existe-t-il une règle universelle suggérée par les élites de la langue (!) concernant l’ajout de la forme féminine d’un nom sans réécrire le mot féminin. Voici un exemple avec toutes les variantes que j’ai vues dont toutes m’irritent, sauf les parenthèses.

    Les enseignant(e)s et les étudiantEs du collège sont satisfait.e.s de la proposition des élu.ES, mais déçu-e-s des offres des patron/nes.

    Y a-t-il une autre réponse que «il faut toujours écrire les deux mots»? Car il n’est pas évident d’écrire en «neutre», donc de systématiquement laisser tomber tous les mots et adjectifs ayant un genre!

    Bonne journée!

    P.S. Afin de susciter la réflexion : si une prof lit dans le journal que «les enseignants déclarent la grève!», se dit-elle vraiment que seuls les hommes profs débraient et que les femmes profs travaillent, ou comprend-elle que tout le monde, hommes et femmes, est inclus dans le mot «enseignants»? En ce sens, pourquoi écrire «les enseignants et les enseignantes», si «enseignants» ne désigne plus exclusivement les hommes, donc du même coup n’exclut pas les femmes?

    Réponse du SRL :

    Quelle excellente question! J’en ai long à dire! J’ai combien de temps pour répondre? 
    Votre question comporte essentiellement deux interrogations : une d’ordre linguistique et l’autre, d’ordre social.
    Relativement à la première partie de votre demande, l’Office québécois de la langue française (OQLF) est très clair : il décourage toute forme de féminisation par l’ajout de parenthèses (enseignant(e)), de points ou de capitales (les étudiant.E.s), de tirets (l’entraîneur-euse), de barres obliques (les contrôleur/euse/s), etc.
    Donc, à votre question : «Y a-t-il une autre réponse que «il faut toujours écrire les deux mots?», pour l’OQLF, c’est non! Mais encore…
    Il ne faudrait pas croire pour autant que l’Office est contre la féminisation des titres. Bien au contraire. Néanmoins, la seule forme acceptable de féminisation pour l’OQLF, c’est la rédaction au long : «L’emploi des parenthèses, du trait d’union et de la barre oblique pour introduire la finale des noms féminins est fortement déconseillé. Cette façon de faire rend la lecture difficile et nuit à la compréhension du texte. Il faut donc écrire les noms masculin et féminin dans leur totalité.»
    Même si une telle pratique a le mérite de faire une belle place à la gent féminine, la prestigieuse instance linguistique est tout de même consciente qu’une telle façon de rédiger alourdit considérablement le texte. Voilà pourquoi l’Office suggère la rédaction épicène!
    La rédaction épicène privilégie les mots sans genre marqué ou qui sont écrits de la même manière au masculin et au féminin. Si je prends votre phrase, après une petite gymnastique stylistique, cela donnerait : «Les corps professoral et estudiantin du collège sont satisfaits de la proposition des membres élus, mais déçus des offres patronales.» Que pensez-vous de cette phrase? Est-elle moins lourde que la première que vous citiez? Elle me semble plus abstraite!
    Enfin,  la deuxième partie de votre question est aussi digne d’intérêt bien que polémique, car je vous soupçonne d’en connaitre les tenants et aboutissants! Vous écrivez : «Pourquoi écrire «les enseignants et les enseignantes», si «enseignants» ne désigne plus exclusivement les hommes, donc du même coup n’exclut pas les femmes?» L’OQLF a aussi une position là-dessus : «L’emploi du féminin [… ] est souhaité et encouragé si l’on veut rendre visible la présence des femmes dans les textes, et par là même, leur place dans la société.»
    Ainsi, je ne sortirai pas trop de mon champ de compétence en disant que toute femme comprend qu’elle est incluse par la phrase : «Les enseignants déclarent la grève» non seulement parce qu’elle sait qu’elle fait partie du genre humain, mais aussi parce qu’elle a appris par cœur, et ce, depuis des lustres, que le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Si je m’en tiens donc strictement à la linguistique  , la question est : jusqu’à quand le masculin l’emportera-t-il toujours sur le féminin? Changer la langue, c’est aussi changer les mœurs!